Renaud Séchan, (pour ceux de la nouvelle génération qui n’en ont jamais entendu parler : beau père de Renan Luce) a décidé de retenter l’expérience initié en 1991 pour l’excellent album Marchand de cailloux qui d’ailleurs à l’époque n’a pas eu le succès qu’il aurait mérité, et reste l’un de ceux que j’affectionne le plus. A l’époque, écœuré par les instrumentations électroniques à outrance et qui ont pourri les années 80 et l’album Putain de camion, le chanteur avait décidé de revenir « aux racines » en proposant un disque presque exclusivement constitué de sonorités acoustiques tendance folk avec un sommet pour le titre La balade nord irlandaise que l'on retrouve d'ailleurs dans ce nouvel opus.
Aujourd’hui avec Molly Malone, le mot « tendance » est devenu un euphémisme, le chanteur a carrément collé de nouveaux textes entièrement consacrés à l’Irlande, Belfast, le chômage consécutif à la fermeture des usines etc… sur des musiques toutes issues du folklore irlandais. Orgie de violons, flûtes, bombardes et bodranes pour notre plus grand plaisir. Bien que les mélodies choisies soient très belles et les instrumentations plutôt réussies, cet album est le 3e album sur lequel Renaud ne chante plus mais grogne…
Bien qu’il déclare avoir arrêté de fumer, les ravages de nombreuses années de tabagisme semblent irréversibles. Renaud cherche péniblement les notes, on croirait entendre un album complet d’essais de voix donnant parfois l’impression qu’il découvre les morceaux. Une catastrophe vocale. Du gâchis, dommage. Bien qu’il n’ait jamais eu une voix de cristal on regrette quand même les années Morgane de toi…
Quand à la pochette, elle est un peu surprenante, on y voit un Renaud méconnaissable marchant dans une rue de Dublin. J’entends par méconnaissable non pas le fait qu’il soit ni amaigri ni grossi ni vieilli, mais on peine à reconnaître les traits de son visage non masquées par des lunettes de soleil. Sa posture y est étrange. Le choix de la photo - bien que l’assortiment des couleurs soient agréables à l’œil - est pour le moins surprenant.
Pour ceux qui décidément ne supportent plus d’entendre Renaud chanter mais qui éprouvent un goût prononcé pour la musique irlandaise, procurez vous l’édition de luxe de l’album avec un 2e CD ne contenant que les pistes instrumentales des chansons !
Ma plume est certes un peu assassine à l’égard de mon chanteur favori depuis 25 ans. Mais qui aime bien châtie bien !
(*) Strictement aucun "rapport" avec Roberto
Malone !
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