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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 14:00
   Nous l’avons vu hier, c’est la saison des prix littéraires. Aujourd’hui c’est une œuvre pas comme les autres qui fait grand bruit. Après les mémoires du Grand Charles, puis celles du Grand Valery (« Le pouvoir et la vie ») voici les mémoires du Grand Jacques à savoir Jacques Chirac notre ex président. La publication des mémoires d’un ancien chef de l’Etat Français est un événement suffisamment rare pour qu’on s’y attarde. Pompidou et Mitterrand n’ayant pas, pour raison de santé(*), pu mener à bien cette tâche alors que de toute évidence, ils étaient les meilleurs écrivains parmi les présidents de la Ve République. (**)

   A peine Nicolas Sarkozy Elu, les françaises et les français avaient déjà la nostalgie de ce président plus que discret une fois les épreuves électorales passées. L’équipe du blog de Julien Petitjean a dévoré en avant première le premier volume de l’œuvre, dont le titre, emprunté d’une citation de Goethe est : « Chaque pas doit être un but ». Nous redoutions une œuvre consensuelle, mais Dieu merci, ce premier volume est extrêmement vitriolé. Beaucoup de monde, surtout à droite, en prend pour son grade à commencer par VGE dont il n’a jamais vraiment réussi à cerner la personnalité et qui a (selon l’auteur) plus passé son temps à diviser la majorité (de l’époque) qu’à la rassembler. On imagine l’ambiance aux séances du Conseil Constitutionnel où ils trônent tous les deux, heureusement séparés par Jean-Louis Debré ! (***)

   On y parle aussi de la trahison de Balladur, faux ami de 30 ans qualifié de « calculateur froid », avec qui Chirac aurait conclu un pacte comme quoi lorsqu’il aurait été élu président, celui-ci (re-)nommerait Balladur 1er ministre. Ce dernier lui aurait un jour de 1993, ambitionnant beaucoup plus pour 1995, déclaré de but en blanc « Je ne serai jamais ton 1er ministre ». Il tape également sur Sarkozy pour sa période pré-2007 mais respecte son pacte consistant à ne jamais juger son action en tant que Président de la République (en échange d’un silence présidentiel concernant les affaires sur lesquelles il va probablement être jugé à l’horizon 2011).

     Paradoxalement, le seul pour lequel Chirac manifeste une grande admiration est son grand rival… François Mitterrand ! Peu avare de compliments vis-à-vis de son prédécesseur il lui attribue une « finesse de jugement » et une « intelligence tactique »« Salut l’artiste » lui est-il même arrivé de penser en assistant à quelques-unes de ses prestations ! Finalement Jacques Chirac aurait peut être mieux fait de faire comme son prédécesseur, retourner sa veste et passer de droite à gauche. Eric Besson, lui, un peu plus récemment, fit l’inverse, au point d’être même parfois un peu plus royaliste que le roi ! … qu’il a rarement rencontrées. 

    Attendons une trentaine d’années que ne paraissent les mémoires de Nicolas Sarkozy, mais vu la façon de s’exprimer de Notre Président à l’oral, je crains que cette œuvre soit plus proche des « Récrés du Petit Nicolas » que d’une grande œuvre littéraire digne d’un Prix Goncourt (quoique avec ses relations…)

 
(*) Précisons : Pour raison de mauvaise santé suivi de décès et non de rétention à la Santé !

(**)Et Dieu sait si Mitterrand en avait (de la mémoire)

(***) Toute bagarre entre deux de ses membres serait anticonstitutionnelle, et déconstitutionnelliserait le conseil.

 

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Published by Julien Petitjean - dans Littérature
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patrick 04/11/2009 23:20



Règlement de comptes sur ces mémoires


Édouard Balladur. « J'avais confiance en Édouard Balladur. C'est à mon instigation qu'il est devenu Premier ministre en 1993. Un accord politique ayant aussi valeur de contrat moral, était
scellé entre nous. Au fond de moi, j'ai encore peine à croire que le Premier ministre soit en train de trahir ses engagements. Mais tout s'éclaire définitivement le 11 septembre 1993. »


Valéry Giscard d'Estaing. « La communication a toujours été difficile entre Giscard et moi, avant de devenir quasi impossible à la fin de son septennat, tant j'ai du mal à comprendre ses
réactions, ses façons d'être et sa psychologie.» Giscard assurera avoir jeté la rancune à la rivière (suite à sa défaite en 1981, imputée à Jacques Chirac).


Nicolas Sarkozy. « Je l'avais remarqué à l'occasion d'un de nos meetings. Je lui demandai de venir travailler à mes côtés, ce qu'il fit aussitôt, prenant part efficacement à toutes mes
campagnes, avec cette volonté, qui ne l'a pas quitté, de se rendre indispensable, d'être toujours là, nerveux, empressé, avide d'agir et se distinguant par un sens indéniable de la communication
».


François Mitterrand. « Je n'ignore pas la complexité du personnage, ni les zones d'ombre qui jalonnent son parcours, mais l'homme que je découvre au fil de nos entretiens m'apparaît d'une
finesse de jugement et d'une tactique que j'ai rarement rencontrées dans le monde politique. Son amour de la France est indiscutable. » « Salut l'artiste, m'est-il arrivé de penser. »



Jean-Charles Duboc 04/11/2009 12:04



Les mémoires de Jacques Chirac sont très sélectives et ne nous apportent pas de « révélations » sur les affaires de la Vème
république et en particulier sur l’assassinat de Robert Boulin :


 


http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/


 


Simple oubli ?...


 


Jean-Charles Duboc