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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 09:12

   "Douce France" déclare Ingrid Bétancourt à sa libération, la pauvre si elle savait ce qui l'attend à présent ! La France de Sarkozy n'a pas grand chose à voir avec la France qu'elle a connue jadis pendant ses études ! Elle va découvrir (avant de retourner en Colombie) les joies de la baisse du pouvoir d'achat, l'envolée du prix de l'essence, la suppression des pubs à la télévision publique, Secret Story 2, Raymond Domenech, Sarko, bref, toutes ces calamités qui font désormais parti de notre quotidien, bien que ces horreurs n'ont sûrement pas grand chose à voir avec celles qu'elle a dû vivre dans les geôles FARCiennes.

   Depuis l'annonce de sa libération hier, on assiste au festival pitoyable de toutes les personnalités (notamment politiques) tirant la couverture à eux, et sans qui bien sûr, rien n'aurait été possible ! Citons pêle mêle Bernard Kouchner, Rama Yade, Nicolas Sarkozy, Bertrand Delanoë ou Dominique de Villepin (son ancien prof).

 Avant

 Pendant

 Après


   Alors que peu de Français se préoccupaient d'elle avant son enlèvement, ce dernier a suscité un engouement unanime dans l'Hexagone comme l'ont connus jadis les ex otages au Liban Jean Paul Kauffmann, Roger Auque, le moins chanceux Michel Seurat(*) et plus récemment Florence Aubenas en Irak. Le chanteur Renaud en a même fait une chanson(**) il y a 2 ans.

   Alors bien que ce soit un évènement dont se réjouit la France entière, il ne faut pas oublier que 700 otages sont encore détenus par les FARC et ce, dans l'indifférence générale française. On en entendra sans doute à peine parler de leur libération lorsqu'elle adviendra.

   Enfin, ne négligeons pas la nouvelle galère qui commence pour Ingrid, sollicitations de toutes parts des journalistes, politiques et émissions de TV, puis, revenue au calme, une dépression post traumatique l'attend. Il manquerait plus alors, que d'ici quelques temps nous apprenions qu'elle ait été victime du syndrome de Stockholm...




(*) Mort en détention
(**) "Dans la jungle"




 

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Published by Julien Petitjean - dans Politique
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commentaires

richardunord 11/07/2008 00:06

Ah! la la... c'est donc si difficile de laisser parler son coeur...Pourquoi toujours tuer dans l'oeuf le peu de bien-être que nous procure cette femme... ?Naïf dites-vous ! Alors oui, naïf... :-)))

phil 09/07/2008 06:50

Il faut effectivement souligner l'humilité de Renaud, qui bien que (qu'habilement pourrions nous dire...) cité dans l'intervention du petit démagogue agité, le soir de l'annonce de l'événement, a su résister à la tentation de se méler à ce débordement devenu rapidement très indécent. Espérons qu'Ingrid ne l'oubliera pas...Bravo pour la qualité de tes articles, Julien. Je lis, je réagis peu, mais je n'en pense pas moins...Amicales pensées...

Scott 05/07/2008 07:50

Je t"avoue avoir eu un peu peur au début de l'article ... je craignais un message dans la tonalité générale et ulcérante de la joie sans borne suscitée par la libération de cette personne de la plus haute importance que personne ne connaissait avant qu'on nous en fasse l'un des plus formidables écrans de fumée de ces dernières années ... Et heureusement, tu relativises intelligemment (évidemment) cet événement finalement anecdotique en le mettant en perspective avec le drame de tant d'anonymes qui n'ont pas eu la chance d'être désignés pour incarner le martyr dont le peuple de France a besoin à défaut de pain et de jeux.Je n'ai rien contre Ingrid Betancourt, et je dois avouer que je commet le crime de lèse majesté de ne pas mettre son sort au dessus de celui de qui que ce soit d'autre dans son cas et de me méfier de l'engagement populaire unanime derrière cette incarnation de la diversion.Que de bonheur depuis que ce cinq milliardième de la population mondiale a été libéré, il n'y a plus de guerre, plus de famine, le pétrole ne coûte plus cher et le ciel est bleu. A défaut de succès à l'Euro, les français ont quand même leur truc à fêter ... besoin tellement symptomatique du malaise ambiant et exutoire tellement pathétique dans la mesure où le seul événement susceptible de fédérer de façon factice la population est un montage en sauce médiatique qui se déroule à des milliers de kilomètres de notre pesant quotidien.  Triste à pleurer en définitive, on agite un fanion, la populace est en liesse et rien ne change ... on a les bonheurs qu’on mérite.

Julien Petitjean 11/07/2008 09:43


Merci Nico pour ce commentaire, bien plus intéressant que l'article en lui même !